Congrès Miséricorde France

"La Miséricorde de Dieu est pour tous" - Pape François

  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
  • Congrès Miséricorde France Congrès - Visages de la Miséricorde
jquery slider by WOWSlider.com v7.6
devenir-disponible-pour-la-misericorde

Devenir disponible pour vivre la Miséricorde

Mgr Albert-Marie de Monléon,o.p.

En ce temps du Carême, chaque baptisé peut se rendre disponible pour vivre la Miséricorde en actes.

Les deux principaux fondements d'une pastorale de la miséricorde sont la fréquentation régulière de la Parole de Dieu, de l'Evangile, et sa mise en œuvre en actes. En s'imprégnant petit à petit de la Parole de Dieu, nous sommes transformés en Celui qu'elle annonce. De même, en mettant en actes des œuvres de Miséricorde, ne serait-ce qu'une d'entre elles, nous devenons disponibles pour la Miséricorde dans toutes ses dimensions, surtout si nous sommes fidèles à la recommandation de saint Paul 'Que celui qui exerce la Miséricorde le fasse en rayonnant de joie' (Rm 12, 8).

Voici brièvement quelques pistes pour vivre la miséricorde en actes, en nous fondant sur la Parabole du Bon Samaritain et sur le bon sens.

Tout d'abord, ne craignons pas de nous approcher, d'avoir un contact avec les personnes qui sont dans la peine, de nous faire leur prochain, de nous rendre présents par le regard et par l'écoute. Ceci suppose que nous n'ayons pas peur, nous-mêmes, de nous laisser approcher lorsque nous sommes dans l'épreuve. En raison de nombre de misères engendrées par les dysfonctionnements et les crises, l'un des besoins prioritaires, dans notre société hyper-fonctionnelle, administrative, informatisée, technique, procédurière, c'est l'existence de lieux d'écoute. Tant de personnes, en souffrance, dans l'épreuve physique ou spirituelle, le plus souvent les deux, désirent rencontrer des personnes sachant les écouter. C'est sans doute l'une des miséricordes les plus importantes et les plus nécessaires que l'Eglise, les membres du Corps du Christ, peut offrir aujourd'hui. Pour répondre à cette demande, les baptisés ont besoin d'un minimum de savoir-faire et même de professionnalisme. Ceci suppose d'accepter de se former auprès d'autres pour connaître des gestes et des attitudes très simples et de bon sens auxquels on ne pense pas forcément. Dans beaucoup de circonstances, il est impossible d'aider efficacement, sans un minimum de compétence, de moyens, d'expérience. Il ne suffit pas d'être généreux, de bonne volonté.  

D'autre part, nous pouvons vivre la Miséricorde par des gestes qui ne demandent pas une compétence particulière. C'est un des beaux enseignements de Mère Teresa. Donner une parole, un bonjour, un sourire peut transformer la journée de quelqu'un. Corrélativement, vivre une œuvre de miséricorde, en ses innombrables variantes, permet à chacun de nous d'accueillir la Miséricorde, d'en être nous-mêmes les premiers bénéficiaires, d'en découvrir toute la beauté et la douceur. Le témoignage unique et répété des personnes qui servent dans des multiples lieux et formes d'aide aux plus démunis est celui-ci : je croyais apporter ; j'ai reçu bien davantage.

Enfin, un dernier mot, particulièrement important pour sortir de fausses conceptions de la miséricorde interprétée comme mièvre, condescendante ou ne s'attaquant pas à la racine des problèmes. Faire miséricorde, ce n'est pas s'épargner à bon compte ce que l'on doit en justice ! Par exemple, donner aux pauvres n'exonère pas de l'attention à la dimension sociale et politique du problème de la pauvreté. L'enseignement de l'Eglise revient constamment sur le rapport entre charité et justice : 'Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Plus qu'accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice*.'

*
Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 184, p. 102-103, citant Saint Grégoire le Grand.

Mgr A.M. de Monléon, o.p. Au cœur de la Miséricorde, Ed. Parole et Silence, novembre 2015


devenir-disponible-pour-la-misericorde

Devenir disponible pour vivre la Miséricorde

Mgr Albert-Marie de Monléon,o.p.

En ce temps du Carême, chaque baptisé peut se rendre disponible pour vivre la Miséricorde en actes.

Les deux principaux fondements d'une pastorale de la miséricorde sont la fréquentation régulière de la Parole de Dieu, de l'Evangile, et sa mise en œuvre en actes. En s'imprégnant petit à petit de la Parole de Dieu, nous sommes transformés en Celui qu'elle annonce. De même, en mettant en actes des œuvres de Miséricorde, ne serait-ce qu'une d'entre elles, nous devenons disponibles pour la Miséricorde dans toutes ses dimensions, surtout si nous sommes fidèles à la recommandation de saint Paul 'Que celui qui exerce la Miséricorde le fasse en rayonnant de joie' (Rm 12, 8).

Voici brièvement quelques pistes pour vivre la miséricorde en actes, en nous fondant sur la Parabole du Bon Samaritain et sur le bon sens.

Tout d'abord, ne craignons pas de nous approcher, d'avoir un contact avec les personnes qui sont dans la peine, de nous faire leur prochain, de nous rendre présents par le regard et par l'écoute. Ceci suppose que nous n'ayons pas peur, nous-mêmes, de nous laisser approcher lorsque nous sommes dans l'épreuve. En raison de nombre de misères engendrées par les dysfonctionnements et les crises, l'un des besoins prioritaires, dans notre société hyper-fonctionnelle, administrative, informatisée, technique, procédurière, c'est l'existence de lieux d'écoute. Tant de personnes, en souffrance, dans l'épreuve physique ou spirituelle, le plus souvent les deux, désirent rencontrer des personnes sachant les écouter. C'est sans doute l'une des miséricordes les plus importantes et les plus nécessaires que l'Eglise, les membres du Corps du Christ, peut offrir aujourd'hui. Pour répondre à cette demande, les baptisés ont besoin d'un minimum de savoir-faire et même de professionnalisme. Ceci suppose d'accepter de se former auprès d'autres pour connaître des gestes et des attitudes très simples et de bon sens auxquels on ne pense pas forcément. Dans beaucoup de circonstances, il est impossible d'aider efficacement, sans un minimum de compétence, de moyens, d'expérience. Il ne suffit pas d'être généreux, de bonne volonté.  

D'autre part, nous pouvons vivre la Miséricorde par des gestes qui ne demandent pas une compétence particulière. C'est un des beaux enseignements de Mère Teresa. Donner une parole, un bonjour, un sourire peut transformer la journée de quelqu'un. Corrélativement, vivre une œuvre de miséricorde, en ses innombrables variantes, permet à chacun de nous d'accueillir la Miséricorde, d'en être nous-mêmes les premiers bénéficiaires, d'en découvrir toute la beauté et la douceur. Le témoignage unique et répété des personnes qui servent dans des multiples lieux et formes d'aide aux plus démunis est celui-ci : je croyais apporter ; j'ai reçu bien davantage.

Enfin, un dernier mot, particulièrement important pour sortir de fausses conceptions de la miséricorde interprétée comme mièvre, condescendante ou ne s'attaquant pas à la racine des problèmes. Faire miséricorde, ce n'est pas s'épargner à bon compte ce que l'on doit en justice ! Par exemple, donner aux pauvres n'exonère pas de l'attention à la dimension sociale et politique du problème de la pauvreté. L'enseignement de l'Eglise revient constamment sur le rapport entre charité et justice : 'Quand nous donnons aux pauvres les choses indispensables, nous ne faisons pas pour eux des dons personnels, mais nous leur rendons ce qui est à eux. Plus qu'accomplir un acte de charité, nous accomplissons un devoir de justice*.'

*
Compendium de la Doctrine sociale de l'Eglise, Bayard, Cerf, Fleurus-Mame, 184, p. 102-103, citant Saint Grégoire le Grand.

Mgr A.M. de Monléon, o.p. Au cœur de la Miséricorde, Ed. Parole et Silence, novembre 2015