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"La Miséricorde de Dieu est pour tous" - Pape François

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billetmois2020-17

L’Avent : Viens, Seigneur Jésus
Prière et gestes de Miséricorde


(...) « O Dieu, viens à mon secours » est souvent le début de notre prière : le premier pas de la foi est de dire au Seigneur que nous avons besoin de lui, de sa proximité.

C’est aussi le premier message de l’Avent et de l’Année liturgique, reconnaître que Dieu est proche et lui dire : 'Approche-toi encore !'. Il veut venir tout proche de nous, mais il se propose, il ne s’impose pas ; c’est à nous qu’il revient de ne pas nous fatiguer de lui dire : 'Viens !'. C’est à nous qu’il revient, c’est la prière de l’Avent : 'Viens !'. (…) Faisons nôtre l’invocation typique de l’Avent : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22, 20). Nous pouvons la dire au début de chaque journée et la répéter souvent, avant les rencontres, l’étude, le travail et les décisions à prendre, dans les moments plus importants et dans ceux de l’épreuve : Viens, Seigneur Jésus. Une petite prière, mais elle naît du cœur. Disons-la en ce temps de l’Avent, répétons-là : « Viens, Seigneur Jésus ».

Ainsi, en invoquant sa proximité, nous exercerons notre vigilance. (...) Il est important de rester vigilants, parce qu’une erreur de la vie est de se perdre en mille choses et de ne pas s’apercevoir de la présence de Dieu. Saint Augustin disait : « Timeo Iesum transeuntem » (Sermones, 88,14,13). 'J’ai peur que Jésus passe et que moi je ne m’en rende pas compte'. Attirés par nos intérêts – nous sentons cela tous les jours - et distraits par tant de vanités, nous risquons de perdre l’essentiel. C’est pourquoi, le Seigneur répète aujourd’hui « à tous : veillez ! » (Mc 13, 37). Veillez, soyez attentifs.

(…)Veiller, c’est ne pas se laisser submerger par le découragement, et cela s’appelle vivre dans l’espérance. Comme avant de naître nous avons été attendus par ceux qui nous aimaient, maintenant nous sommes attendus par l’Amour en personne.Et si nous sommes attendus au Ciel, pourquoi vivre de prétentions terrestres ? Pourquoi nous fatiguer pour un peu d’argent, de renommée, de succès, toutes ces choses qui passent ? Pourquoi perdre du temps à nous plaindre de la nuit alors que la lumière du jour nous attend ? Pourquoi chercher des 'parrains' pour avoir une promotion et aller en haut, nous promouvoir dans la carrière ? Tout passe. 'Veillez' dit le Seigneur.

Rester éveillés, ce n’est pas facile, c’est même une chose difficile : la nuit il est naturel de dormir. Les disciples de Jésus, auxquels il avait dit de veiller 'le soir, à minuit, au chant du coq, le matin' (cf. Marc 13, v. 35), n’y ont pas réussi. A ces moments-là justement, ils ne furent pas vigilants : le soir, lors de la dernière cène, ils ont trahi Jésus ; de nuit ils se sont assoupis ; au chant du coq ils l’ont renié ; le matin, ils l’ont laissé condamner à mort. Ils n’avaient pas veillé. Ils s’étaient assoupis.

Mais la même torpeur peut aussi descendre sur nous. Il y a un sommeil dangereux : le sommeil de la médiocrité.Il vient quand nous oublions le premier amour et avançons par inertie, en ne pensant qu’à vivre dans la tranquillité. Mais sans élans d’amour pour Dieu, sans attendre sa nouveauté, on devient médiocres, tièdes, mondains. Et cela ronge la foi, parce que la foi est le contraire de la médiocrité : elle est ardent désir de Dieu, elle est audace continue de se convertir, elle est courage d’aimer, elle est d’aller toujours de l’avant. (…)

Comment pouvons-nous nous réveiller du sommeil de la médiocrité ? Par la vigilance de la prière. Prier, c’est allumer une lumière dans la nuit. La prière réveille de la tiédeur d’une vie horizontale, élève le regard vers le haut, nous harmonise avec le Seigneur. La prière permet à Dieu d’être proche de nous ; c’est pourquoi elle libère de la solitude et donne l’espérance. La prière oxygène la vie : tout comme on ne peut pas vivre sans respirer, de même on ne peut pas être chrétiens sans prier. Et on a tant besoin de chrétiens qui veillent pour ceux qui dorment, d’adorateurs, d’intercesseurs, qui portent jour et nuit devant Jésus, lumière du monde, les ténèbres de l’histoire. Nous avons besoin d’adorateurs. Nous avons perdu un peu le sens de l’adoration, de rester en silence devant le Seigneur, en adorant. C’est cela la médiocrité, la tiédeur.

Il y a ensuite un second sommeil intérieur : le sommeil de l’indifférence. Celui qui est indifférent voit tout égal, comme de nuit, et il ne s’intéresse pas à celui qui lui est proche.Lorsque nous tournons seulement autour de nous-mêmes et de nos besoins, indifférents à ceux d’autrui, la nuit descend dans notre cœur. Le cœur devient obscur. Vite, on commence à se plaindre de tout, puis on se sent victime de tous et finalement on fait des complots sur tout. Plaintes, sentiment de victime et des complots. C’est une chaîne.  Aujourd’hui cette nuit semble être tombée sur bon nombre, qui réclament pour soi et se désintéressent des autres.


Comment nous réveiller de ce sommeil de l’indifférence ? par la vigilance de la charité.(…)La charité est le cœur battant du chrétien : tout comme on ne peut vivre sans battement, de même on ne peut être chrétiens sans la charité.Pour certains on dirait qu’éprouver de la compassion, aider, servir, est une chose pour les perdants ! En réalité c’est l’unique chose gagnante, parce qu’elle est déjà projetée vers le futur, vers le jour du Seigneur, quand tout passera et qu’il ne restera que l’amour. C’est avec les œuvres, les gestes de miséricorde que nous nous approchons du Seigneur. Nous l’avons demandé : « Suscite en nous la volonté d’aller avec les bonnes œuvres à la rencontre de ton Christ qui vient ». La volonté d’aller à la rencontre du Christ avec les bonnes œuvres. Jésus vient et la voie pour aller à sa rencontre est tracée : ce sont les œuvres de charité.

(…)Viens, Seigneur Jésus, nous avons besoin de toi. Viens tout près de nous. Tu es la lumière : réveilles-nous du sommeil de la médiocrité, éveille-nous des ténèbres de l’indifférence. Viens, Seigneur Jésus, rends vigilants nos cœurs qui maintenant sont distraits : fais-nous ressentir le désir de prier et le besoin d’aimer.

Extraits de l’homélie du Pape François, 1er dimanche de l’Avent 29 novembre 2020


billetmois2020-17

L’Avent : Viens, Seigneur Jésus
Prière et gestes de Miséricorde


(...) « O Dieu, viens à mon secours » est souvent le début de notre prière : le premier pas de la foi est de dire au Seigneur que nous avons besoin de lui, de sa proximité.

C’est aussi le premier message de l’Avent et de l’Année liturgique, reconnaître que Dieu est proche et lui dire : 'Approche-toi encore !'. Il veut venir tout proche de nous, mais il se propose, il ne s’impose pas ; c’est à nous qu’il revient de ne pas nous fatiguer de lui dire : 'Viens !'. C’est à nous qu’il revient, c’est la prière de l’Avent : 'Viens !'. (…) Faisons nôtre l’invocation typique de l’Avent : « Viens, Seigneur Jésus » (Ap 22, 20). Nous pouvons la dire au début de chaque journée et la répéter souvent, avant les rencontres, l’étude, le travail et les décisions à prendre, dans les moments plus importants et dans ceux de l’épreuve : Viens, Seigneur Jésus. Une petite prière, mais elle naît du cœur. Disons-la en ce temps de l’Avent, répétons-là : « Viens, Seigneur Jésus ».

Ainsi, en invoquant sa proximité, nous exercerons notre vigilance. (...) Il est important de rester vigilants, parce qu’une erreur de la vie est de se perdre en mille choses et de ne pas s’apercevoir de la présence de Dieu. Saint Augustin disait : « Timeo Iesum transeuntem » (Sermones, 88,14,13). 'J’ai peur que Jésus passe et que moi je ne m’en rende pas compte'. Attirés par nos intérêts – nous sentons cela tous les jours - et distraits par tant de vanités, nous risquons de perdre l’essentiel. C’est pourquoi, le Seigneur répète aujourd’hui « à tous : veillez ! » (Mc 13, 37). Veillez, soyez attentifs.

(…)Veiller, c’est ne pas se laisser submerger par le découragement, et cela s’appelle vivre dans l’espérance. Comme avant de naître nous avons été attendus par ceux qui nous aimaient, maintenant nous sommes attendus par l’Amour en personne.Et si nous sommes attendus au Ciel, pourquoi vivre de prétentions terrestres ? Pourquoi nous fatiguer pour un peu d’argent, de renommée, de succès, toutes ces choses qui passent ? Pourquoi perdre du temps à nous plaindre de la nuit alors que la lumière du jour nous attend ? Pourquoi chercher des 'parrains' pour avoir une promotion et aller en haut, nous promouvoir dans la carrière ? Tout passe. 'Veillez' dit le Seigneur.

Rester éveillés, ce n’est pas facile, c’est même une chose difficile : la nuit il est naturel de dormir. Les disciples de Jésus, auxquels il avait dit de veiller 'le soir, à minuit, au chant du coq, le matin' (cf. Marc 13, v. 35), n’y ont pas réussi. A ces moments-là justement, ils ne furent pas vigilants : le soir, lors de la dernière cène, ils ont trahi Jésus ; de nuit ils se sont assoupis ; au chant du coq ils l’ont renié ; le matin, ils l’ont laissé condamner à mort. Ils n’avaient pas veillé. Ils s’étaient assoupis.

Mais la même torpeur peut aussi descendre sur nous. Il y a un sommeil dangereux : le sommeil de la médiocrité.Il vient quand nous oublions le premier amour et avançons par inertie, en ne pensant qu’à vivre dans la tranquillité. Mais sans élans d’amour pour Dieu, sans attendre sa nouveauté, on devient médiocres, tièdes, mondains. Et cela ronge la foi, parce que la foi est le contraire de la médiocrité : elle est ardent désir de Dieu, elle est audace continue de se convertir, elle est courage d’aimer, elle est d’aller toujours de l’avant. (…)

Comment pouvons-nous nous réveiller du sommeil de la médiocrité ? Par la vigilance de la prière. Prier, c’est allumer une lumière dans la nuit. La prière réveille de la tiédeur d’une vie horizontale, élève le regard vers le haut, nous harmonise avec le Seigneur. La prière permet à Dieu d’être proche de nous ; c’est pourquoi elle libère de la solitude et donne l’espérance. La prière oxygène la vie : tout comme on ne peut pas vivre sans respirer, de même on ne peut pas être chrétiens sans prier. Et on a tant besoin de chrétiens qui veillent pour ceux qui dorment, d’adorateurs, d’intercesseurs, qui portent jour et nuit devant Jésus, lumière du monde, les ténèbres de l’histoire. Nous avons besoin d’adorateurs. Nous avons perdu un peu le sens de l’adoration, de rester en silence devant le Seigneur, en adorant. C’est cela la médiocrité, la tiédeur.

Il y a ensuite un second sommeil intérieur : le sommeil de l’indifférence. Celui qui est indifférent voit tout égal, comme de nuit, et il ne s’intéresse pas à celui qui lui est proche.Lorsque nous tournons seulement autour de nous-mêmes et de nos besoins, indifférents à ceux d’autrui, la nuit descend dans notre cœur. Le cœur devient obscur. Vite, on commence à se plaindre de tout, puis on se sent victime de tous et finalement on fait des complots sur tout. Plaintes, sentiment de victime et des complots. C’est une chaîne.  Aujourd’hui cette nuit semble être tombée sur bon nombre, qui réclament pour soi et se désintéressent des autres.


Comment nous réveiller de ce sommeil de l’indifférence ? par la vigilance de la charité.(…)La charité est le cœur battant du chrétien : tout comme on ne peut vivre sans battement, de même on ne peut être chrétiens sans la charité.Pour certains on dirait qu’éprouver de la compassion, aider, servir, est une chose pour les perdants ! En réalité c’est l’unique chose gagnante, parce qu’elle est déjà projetée vers le futur, vers le jour du Seigneur, quand tout passera et qu’il ne restera que l’amour. C’est avec les œuvres, les gestes de miséricorde que nous nous approchons du Seigneur. Nous l’avons demandé : « Suscite en nous la volonté d’aller avec les bonnes œuvres à la rencontre de ton Christ qui vient ». La volonté d’aller à la rencontre du Christ avec les bonnes œuvres. Jésus vient et la voie pour aller à sa rencontre est tracée : ce sont les œuvres de charité.

(…)Viens, Seigneur Jésus, nous avons besoin de toi. Viens tout près de nous. Tu es la lumière : réveilles-nous du sommeil de la médiocrité, éveille-nous des ténèbres de l’indifférence. Viens, Seigneur Jésus, rends vigilants nos cœurs qui maintenant sont distraits : fais-nous ressentir le désir de prier et le besoin d’aimer.

Extraits de l’homélie du Pape François, 1er dimanche de l’Avent 29 novembre 2020